Pour le kiwi de l’Adour, l’avenir est vert
Bénéficiant d’une IGP et d’un label rouge, le kiwi de l’Adour permet à la Nouvelle Aquitaine d’être la première région productrice de kiwis. Avec une consommation en hausse, le kiwi est une plante d’avenir pour les agriculteurs de la région selon Laurent Betbeder, producteur installé depuis 2010 à Josse, dans les Landes, au bord de l’Adour. Nous sommes allés à sa rencontre.
AANA : Bonjour Monsieur Betbeder. Depuis quand produisez-vous du kiwi sur votre exploitation ?
Laurent Betbeder : “C’est d’abord mon père qui a commencé à planter du kiwi en 1987 sur l’exploitation familiale. Il en a cultivé jusqu’à sa retraite, puis j’ai pris le relais en 2010 en mettant en place deux autres vergers de kiwi. Aujourd’hui, nous avons 2,5 hectares de kiwis plantés.”
AANA : Comment votre père en est-il venu à planter du kiwi dans les Landes ?
L.B. : “Dans les années 1980, il y avait une recherche de diversification, et le kiwi était au début de son expansion locale. C’était un produit nouveau, qui nécessitait peu d’interventions au niveau phytosanitaire. L’engouement fut tel que nous nous sommes retrouvés dans une situation de surproduction dans les années 1990 : les prix ont chuté, et c’est à ce moment-là qu’un petit groupe de producteurs s’est réuni en se disant qu’il fallait se distinguer de la concurrence. Ils ont mis en place un cahier des charges pour créer un sigle de Label rouge, puis une IGP pour le kiwi de l’Adour. C’est l’un des rares fruits distingués par un Label rouge.”
AANA : Quels sont les facteurs climatiques qui permettent la culture du kiwi ?
L.B. : “Il y a eu des pionniers dans les années 1960 qui avaient testé la culture du kiwi dans la région pour voir si l’arbre s’adaptait à notre climat. Nous avons des conditions climatiques tempérées et humides, avec des hivers qui ne sont pas trop froids mais suffisamment pour permettre une mise à fleur l’année suivante, ainsi que des étés qui — jusque-là — n’étaient pas trop chauds. Ces hivers doux nous permettent notamment de récolter tardivement des fruits avec un taux de sucre plus élevé.”
AANA : Quelles sont les spécificités gustatives du kiwi de l’Adour ?
L.B. : “Le cahier des charges exige qu’il soit récolté avec un taux de sucre élevé, plus élevé qu’un kiwi standard : 6,7° Brix pour un kiwi de l’Adour Label rouge, contre 6,2° Brix pour un kiwi standard. Ce n’est que 0,5° de plus, mais pour les atteindre, il faut attendre que l’amplitude thermique soit plus importante entre le jour et la nuit afin que le sucre se transforme dans le fruit. Après maturation en chambre froide, on obtient un kiwi qui est bon comme un bonbon acidulé.”
AANA : Quel est l’intérêt économique de la culture du kiwi ?
L.B. : “C’est un produit qui se porte bien sur le marché français, notamment grâce à sa valorisation en label rouge. C’est également un fruit unanimement reconnu pour ses bienfaits sur la santé. Nous avons plus de demande que de produits disponibles aujourd’hui. C’est un fruit qui demande une croissance de la production, et c’est une culture qui a sa place dans l’avenir de nos exploitations. La rémunération issue de la culture du kiwi est plus que correcte, mais cela demande son temps de travail et de suivi.”
AANA : La culture du kiwi dans la région est-elle menacée par le réchauffement climatique ?
L.B. : “Cela fait 4,5 ans que nous vivons activement le réchauffement climatique. L’effet majeur que l’on ressent c’est la quantité d’eau que l’on reçoit du ciel, et des sols qui saturent. Nous avons eu des problèmes avec des dépérissements racinaires, mais des solutions apparaissent avec l’usage de porte-greffes ou d’autres variétés qui s’adaptent mieux à des sols très humides.”
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