Un Appel à projets national 2024-2025 « vers la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) » est en cours. Il comprend trois volets :
Volet 1 : émergence de nouveaux Projets Alimentaires Territoriaux :la sélection des nouveaux PAT sera exigeante notamment sur la prise en compte de tous les objectifs fixés par la loi, sur l’approche systémique des enjeux du territoire et sur la cohérence avec les PAT déjà en place sur le territoire. Une priorité sera donnée aux territoires qui ne sont pas encore couverts par un PAT.
Volet 2 : développement d’actions innovantes pour l’alimentation : le caractère particulièrement innovant à l’échelle nationale et le potentiel d’essaimage à terme à l’échelle nationale ou interrégionale de la démarche devront être démontrés.
Volet 3 : essaimage à grande échelle de démarches exemplaires : les projets devront s’appuyer sur des initiatives ayant fait la preuve de leur intérêt et de leur efficacité et ils devront être déployés à une échelle nationale ou interrégionale.
Interprofession des fruits et légumes frais sur toute la France, INTERFEL a créé en 2020 un comité régional en Nouvelle-Aquitaine. Nous sommes allés à la rencontre de son vice-président, Jean-Hugues Belland, pour découvrir le rôle que joue cette association dans notre région.
Jean-Hugues Belland est opérateur de commerce de gros en fruits et légumes et président du groupe Profex, dont le siège social est basé à Bordeaux. Il est également vice-président du comité régional Nouvelle-Aquitaine d’INTERFEL, président du CTIFL (Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes) et administrateur de l’AANA.
Pouvez-vous définir ce qu’est INTERFEL et nous expliquer sa présence en Nouvelle-Aquitaine ?
« INTERFEL est une interprofession proche du modèle d’INTERBEV pour la viande, sauf que nous, nous sommes dans les fruits et légumes frais. Notre métier est la promotion des fruits et légumes frais, et nous assurons un lien entre les organisations professionnelles en amont et celles en aval, c’est-à-dire entre les structures qui représentent les producteurs de fruits et légumes frais et ceux qui les commercialisent. INTERFEL a une structure nationale, et il y a 6 ans, des comités régionaux ont été créés car nous estimions que nous n’étions pas assez connectés aux réalités économiques des grandes régions. »
Quel rôle joue INTERFEL dans la région ?
« La région Nouvelle-Aquitaine est la troisième région productrice de fruits et légumes frais en France (derrière Occitanie et PACA), mais elle n’est que la 6e ou 7e région en terme de quantités achetées par les ménages. Il était important de comprendre les raisons de ces faibles chiffres d’achat. Malheureusement, des études régionales ont montré que cela s’explique, en partie, par la précarité sociale de la région. C’est triste à dire, mais dès que l’on sort du périmètre bordelais ou urbain, on se retrouve avec des populations qui consomment nettement moins de fruits et légumes par manque de moyens. Nous avons donc lancé des actions de promotion des fruits et légumes en Nouvelle-Aquitaine ; nous avons eu un retour très positif en proposant des aides aux personnes en difficulté, notamment en permettant la convertibilité des tickets-repas en achats de fruits et légumes. Nous avons aussi fait la promotion du programme “Lait et Fruits à l’école”. Nous mettons en place des actions de sensibilisation avec des diététiciennes qui interviennent auprès des scolaires de la région mais également lors d’animations grand public. Nous avons quatre diététiciennes itinérantes sur le terrain. »
Donc ce sont davantage les consommateurs que vous visez dans votre champ d’action ?
« Dans un premier temps, nous avons mené des actions de lobbying pour nous faire reconnaître comme professionnels à part entière dans la région et nous distinguer des grandes cultures, comme le maïs dédié aux industries dans les Landes. Auprès des élus et des politiques locaux, il n’était pas perçu que nous étions une région majeure en terme de production de fruits et légumes frais. Ces actions ont duré un peu plus de trois ans, et maintenant nous nous concentrons davantage sur la sensibilisation des consommateurs, avec pour objectif d’augmenter la consommation dans la région. Une autre partie de notre travail consiste à promouvoir nos métiers et nos entreprises. Nous essayons d’attirer les jeunes, car le déficit d’emplois est croissant, alors que le secteur est très diversifié. »
Avez-vous déjà obtenu des résultats sur les actions menées pour augmenter la consommation de fruits et légumes en Nouvelle-Aquitaine ?
« On ne peut pas dire que les chiffres sont très encourageants, mais il n’y a plus de baisse. Nous avons enregistré une augmentation de 1 % en volume pour la consommation de fruits et légumes frais, hors pommes de terre, (la pomme de terre dispose d’une interprofession propre). En Nouvelle-Aquitaine, les achats des ménages en volume n’atteignent que 148 kg par habitant, alors qu’ils sont presque à 178 kg en région PACA. Cet écart n’est pas négligeable. Nous pensions que ce chiffre s’expliquait par la consommation provenant des jardins, vergers et potagers, mais ce n’est pas du tout le cas ; c’est notamment lié à la précarité, mais également à un déficit de connaissance des fruits et légumes frais par les consommateurs. »
Comment INTERFEL Nouvelle-Aquitaine intervient-elle pour influencer les recrutements dans les filières ?
« Les organisations qui sont membres de notre interprofession mettent en place de nombreuses actions pour faire connaitre les métiers et les entreprises : présence dans les salons de l’emploi et de l’orientation, mise en place de formations spécifiques comme par exemple un CAP pour le métier de primeur, concours d’excellence pour valoriser les savoirs-faire par exemple celui du Meilleur Ouvrier de France primeur… Toutes ces actions demandent beaucoup de temps pour se mettre en place. Nous souhaitons valoriser les compétences de nos professionnels. »
Que peut faire INTERFEL pour peser sur les marchés à l’export ?
« C’est davantage du ressort du niveau national que des comités régionaux, mais les régions sont évidemment concernées. Des entreprises majeures de la filière des Fruits et Légumes Frais de Nouvelle-Aquitaine participent, par exemple, aux salons Fruit Logistica à Berlin et Fruit Attraction à Madrid. INTERFEL, au niveau national, participe à de nombreux salons internationaux, notamment pour nos producteurs de pommes, au salon de Hong Kong afin de toucher le marché chinois et asiatique. Et participera à un salon à São Paulo l’année prochaine. »
Comment se finance INTERFEL ?
« INTERFEL est principalement financée via une cotisation obligatoire, calculée au prorata du montant des transactions entre opérateurs de la filière de l’amont et de l’aval. »
Les sessions 2024 du Concours Saveurs Nouvelle-Aquitaine s’achèvent et avec elles, de nombreux produits régionaux qui se sont vus récompensés par des médailles suite aux dégustations à l’aveugle.
Depuis 2014, dans le cadre du Programme national pour l’alimentation (PNA), le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de la Forêt, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins, le ministère des Solidarités, de l’Autonomie et de l’Égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que l’Agence de la transition écologique (ADEME), lance annuellement un appel à projets.
Pour l’édition 2024-2025, cet appel vise à soutenir l’élaboration de nouveaux Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) et à promouvoir des initiatives exemplaires, novatrices ou structurantes au niveau national ou interrégional. L’objectif : encourager une alimentation durable, de qualité, bénéfique pour la santé et accessible à tous.
Trois axes prioritaires :
1. Émergence de nouveaux PAT Les nouveaux projets devront intégrer les objectifs législatifs, adopter une approche systémique des problématiques locales et s’aligner avec les PAT existants. Une attention particulière sera portée aux territoires non encore couverts par un PAT.
2. Soutien à des actions alimentaires innovantes Les initiatives devront se distinguer par leur caractère innovant à l’échelle nationale et par leur potentiel de déploiement à plus grande échelle, nationale ou interrégionale.
3. Déploiement de démarches exemplaires Les projets retenus s’appuieront sur des expériences réussies, prouvant leur pertinence et efficacité, avec pour ambition une généralisation au niveau national ou interrégional.
Conditions pour les volets 2 et 3 :
Les initiatives devront couvrir un large réseau d’acteurs et s’inscrire à une échelle nationale ou interrégionale. Elles devront également répondre à des enjeux et publics prioritaires identifiés, tels que :
Accompagner et former les structures sociales, médico-sociales et de la petite enfance dans l’amélioration de leur offre alimentaire.
Mobiliser les acteurs économiques autour d’une alimentation durable et inclusive, tout en structurant les filières locales.
Sensibiliser et accompagner les populations vulnérables, notamment les étudiants et les habitants des territoires d’outre-mer, pour favoriser leur accès à une alimentation saine et durable.
Ce nouvel appel à projets bénéficie d’une enveloppe budgétaire maximale de 2,8 millions d’euros.
Découvrez 𝗗𝗮𝘁𝗮𝗦𝗜𝗤𝗢 : la nouvelle plateforme des 𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 des produits sous signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine
Constatant l’absence de données homogènes, centralisées, récentes, le Réseau des Chambres d’agriculture et l’INAO ont souhaité réunir leurs forces pour construire un outil dans le but de 𝗽𝗿𝗼𝗺𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗹𝗮 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗦𝗜𝗤𝗢 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲𝘀.
À travers une batterie de données issues de l’enquête annuelle statistique auprès des ODG, fournies par l’INAO, DataSIQO offre aux utilisateurs la possibilité de 𝘀𝘂𝗶𝘃𝗿𝗲 𝗹’𝗲́𝘃𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗶𝗹𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝗦𝗜𝗤𝗢 depuis 2018, à différentes échelles (nationale, régionale, départementale, EPCI…).
Grâce à son interface ludique et son ergonomie, DataSIQO est un outil “Grand Public” de communication sur les SIQO, de sensibilisation des consommateurs aux produits de qualité de leur territoire et d’information auprès du secteur de la restauration.
Dans un contexte de “jungle des labels” et d’inflation, on constate une moindre influence des SIQO dans la décision d’achat des consommateurs. L’INAO met en place une campagne de communication à destination du grand public pour sensibiliser sur la connaissance de ces signes lors de la 1ère Semaine de la qualité et de l’origine du 1er au 7 décembre 2024.
Une campagne adaptable aux différentes filières sous SIQO grâce à un kit de communication dédiée.
Journée mondiale de l’alimentation : Ensemble contre le gaspillage alimentaire
Le 16 octobre marque la Journée mondiale de l’alimentation, un moment clé pour sensibiliser aux défis liés au gaspillage alimentaire, qu’ils soient économiques, sociaux, environnementaux ou climatiques. À cette occasion, le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de la Forêt a lancé la campagne « STOP au gaspillage alimentaire ». L’approche est à la fois ludique et éducative, s’appuyant sur des récits et fables bien connus tels que « Le Corbeau et le Renard », « Blanche-Neige », « Le Petit Poucet » ou encore « La Reine des neiges ».
Cette initiative s’adresse principalement aux parents, jeunes adultes et enfants, afin de les encourager à adopter des comportements simples mais efficaces pour réduire le gaspillage. Parmi ces actions : mieux interpréter les dates de consommation, acheter en quantités appropriées, conserver correctement les aliments, et donner une seconde vie aux restes.
Tous responsables face au gaspillage alimentaire
Le gaspillage alimentaire en France représente 40 % du total généré par les ménages, bien que tous les acteurs de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation, soient concernés. Par exemple, la restauration est tenue de proposer des « doggy bags » à la demande des clients.
Les chiffres pour 2022 sont éloquents : 4 millions de tonnes de déchets alimentaires auraient pu être consommées, soit une portion non négligeable des 9,4 millions de tonnes générées en France. Chaque citoyen français jette en moyenne 58 kg de nourriture chaque année, dont 24 kg encore consommables. Ce gaspillage représente un coût de 100 € par personne, par an.
Pourquoi agir contre le gaspillage alimentaire ?
La réduction du gaspillage alimentaire s’impose comme une priorité pour ses impacts multiples : diminution des déchets, meilleure utilisation des ressources, limitation des émissions de gaz à effet de serre, et soutien à la lutte contre la précarité alimentaire par le biais des dons.
Des gestes simples peuvent faire une grande différence, que ce soit chez soi ou dans les autres secteurs de la chaîne alimentaire.
Vous pouvez en savoir plus sur la campagne « Stop au gaspillage alimentaire » et accéder aux outils de sensibilisation disponibles ici.