[RSO] L’AANA s’engage cette fois auprès d’une exploitation arboricole
Depuis la labellisation en 2024, l’AANA développe des projets à impact territorial et environnemental et c’est ainsi qu’en 2025, nous avons fait le choix de soutenir financièrement, par le biais de l’ACCLENA, un projet label bas carbone d’une exploitation polyculture élevage dans les Deux Sèvres et ainsi contribuer à la neutralité carbone de l’activité de l’Agence.
En 2026 et cette fois sur proposition de France Carbone, le choix s’est porté sur une exploitation en productions végétales (arboriculture) en Dordogne.
Le point commun entre ces deux projets ? l’implication des chefs d’exploitation dans les signes officiels de qualité (ADN de l’AANA), des jeunes agriculteurs reprenant l’exploitation familiale pour la développer et un regard accru sur l’impact environnemental de leur activité et stratégie de développement.
Qu’est-ce que le label bas carbone ?
Le label bas carbone est une certification officielle, décernée par le Ministère de la Transition Ecologique, valorisant des projets permettant de réduire ou stocker durablement les émission de gaz à effet de serre afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique.
Pour en savoir plus : label-bas-carbone.ecologie.gouv.fr
Les Vergers du Petit Brassac, une exploitation innovante au coeur du Périgord
Aux vergers du petit Brassac, à Beaumontois-en-Périgord, dans la famille Marescassier, l’arboriculture est dans les gènes, dopée par un fort élan d’innovation.
Benjamin, Lucas et très récemment Ophélie, constituent la 4ème génération sur cette exploitation. Il y a toujours eu des pruniers sur l’exploitation du père, Thierry Marescassier, en association avec l’élevage laitier. Benjamin s’est installé en 2009 et s’est associé avec son père en 2015 en donnant le top départ à la plantation de noyers.
« J’ai toujours préféré l’arboriculture aux animaux, c’était pour moi assez évident de me lancer dans la noix, au cœur du Périgord, terroir naturellement et historiquement propice aux noyers », raconte Benjamin.
En 2027, l’exploitation rassemblera 340 ha dont 120 ha en arboriculture (pruniers et noyers), mais aussi des grandes cultures : 12 ha de betterave porte-graines, 45 ha de luzerne déshydratée, 46 ha de prairie/jachères/divers et environ 117 ha de céréales diverses.
Les vergers de pruniers sont totalement destinés à la production de pruneaux d’Agen en IGP.
Benjamin assure le tri et le séchage dans des fours spécifiques, complètement isolés (même au sol) pour éviter les déperditions de chaleur. Ensuite les transformateurs, au nombre de 3 (Prunisol, La Compagnie des pruneaux et Les Pruneaux de Menet) prennent le relai de la réhydratation des prunes séchées pour la commercialisation. Un petit magasin de vente directe a aussi trouvé sa place sur l’exploitation proposant des pruneaux mi-cuits, de la prune d’Ente et des produits dérivés à base de fruits rouges (jus, confitures, gelées…) issu d’un atelier récent en marge de l’exploitation.
Côté noyer, les variétés ont été diversifiées (au nombre de 6) : il y a celles qui se prêteront à être commercialisées en AOP Noix du Périgord et des variétés, hors AOP, de type américain comme Lara, Chandler, sans oublier Fernor. Tout est commercialisé via la coopérative locale de Dordogne, Coop Cerno, spécialisée en noix et cerneaux.
« Dès que j’ai développé la production de noyers, j’ai cherché à intégrer la coopérative en tant qu’administrateur, je voulais m’impliquer et apporter ma contribution aux orientations de la structure ».
Les noyers les plus anciens ont aujourd’hui à peine 10 ans et commencent à produire pleinement.
La réalité économique du secteur
Sur l’exploitation, le modèle économique a été pensé en tenant compte des réalités du terrain. Les énoiseurs (personnes qui extraient, au final, les cerneaux des noix cassées) sont devenus introuvables. L’activité n’attire plus personne. La famille Marescassier a donc investi dans du matériel destiné à casser les noix, énoiser mécaniquement, trier à la couleur les cerneaux (trieur optique) pour valoriser au mieux cette production. Le cahier des charges de l’AOP Noix du Périgord a récemment évolué permettant de passer d’un énoisage strictement manuel à un énoisage mécanique.
« La problématique restera toujours la main d’œuvre en arboriculture » explique Benjamin « nous n’arrivons pas à fidéliser la main d’œuvre pour les pruniers d’une année sur l’autre, bien que nous ayons mis tous les moyens pour les accueillir dans les meilleures conditions ».
10 saisonniers pour la prune sur un mois, 5 pour la taille sur 4 mois et 6 saisonniers en noix sont nécessaires pour assurer les chantiers au moment de la récolte.
La labellisation bas carbone du verger
La labellisation bas carbone de l’exploitation s’inscrit dans le projet d’augmentation des surfaces en pruniers et noyers, productions à faible impact environnemental, avec l’installation de Lucas (le petit frère) sur l’exploitation.
L’impact environnemental est, dans la famille, un vrai driver des choix d’orientation et des innovations :
- 100 % d’enherbement des vergers
- Fertilisation organique sur 100% de la SAU
- Utilisation de produits de biocontrôle comme la confusion sexuelle dans les vergers de noyers et pruniers
- Installation de 70 ruches dans les vergers de pruniers tous les ans, en partenariat avec des apiculteurs locaux
- Réintroduction des prunes abimées et des noyaux dans les vergers comme amendement
- Récupération des coquilles de noix pour les fournir à la coopérative voisine, la GRASASA, comme combustible de la chaudière à biomasse pour le séchage de la luzerne, alimentée également par le miscanthus
- Irrigation par micro-aspersion pour économiser la ressource en eau et limiter les maladies
- Utilisation d’oligoéléments pour stimuler le système racinaire
- Plantation de 250 mètres de haies aux abords d’un lac en 2025
- Récupération de l’eau de pluie dans une cuve enterrée et traitement de l’eau avant utilisation pour optimiser l’efficacité des produits phytosanitaires
- Réseau d’irrigation collectif partagé avec le voisinage.
« On a même imaginé sécher nos prunes avec des pellets de miscanthus, noyaux de pruneaux ou encore coquilles de noix que nous étions en mesure de fabriquer, mais c’est la technique qui n’a pas suivi. Il nous a été impossible de trouver quelqu’un qui nous aide à installer le process de façon opérationnelle ».
Le gaz reste donc le combustible actuel pour les fours en dépit d’une augmentation de la facture de 47 % cette année !
Marquée par un incendie important en 2015 d’une partie de l’exploitation, la famille Marescassier a su faire preuve de résilience pour tout reconstruire et redynamiser la production de pruniers.
Cette force et cette envie d’aller de l’avant, en gardant des valeurs fortes dans leur projet de développement, en lien avec l’environnement, le respect du territoire tout en gardant une boussole économique, sont palpables dans le discours familial.
Des projets et des idées il n’en manque pas dans la famille. La petite sœur, Ophélie, vient tout juste d’arrêter son activité salariée extérieure, pour développer avec Thierry, le papa à la retraite été 2026, des chambres d’hôtes qui seront opérationnelles en 2027. Une attention particulière sera apportée à l’accueil et les abords de l’exploitation seront même redessinés. Les vergers du Petit Brassac ont déjà rejoint le réseau Bienvenue à la ferme.
Le verger en quelques chiffres
- SAU : 233 ha dont 105 ha d’arboriculture en 2026
- 150 à 300 tonnes de prunes séchées par an
- 30 à 40 tonnes de séchage de noix en prestation pour les voisins
- 70 tonnes de noix
- Plantation en 2025 de 11 h de pruniers et 15 ha de noyers (3 ha restant à planter faute de disponibilité momentanée des plants)















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