ACTUALITÉ

Soutien public à l’agriculture : une hausse de 15 % dans le monde, selon l’OCDE

Publiée le 5 novembre 2026

Le soutien public à l’agriculture a progressé de près de 15 % entre 2023 et 2025, dépassant les 950 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Dans son rapport 2026 consacré aux politiques agricoles, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne toutefois un déséquilibre : les États consacrent encore une part importante de leurs moyens à répondre aux crises, au détriment des investissements nécessaires à la résilience et à la compétitivité du secteur agricole.

Plus de 950 milliards de dollars de soutien à l’agriculture en 2025

Publié le 2 novembre 2026, le rapport Politiques agricoles : suivi et évaluation 2026 analyse les dispositifs de soutien à l’agriculture dans 56 pays, dont les 38 membres de l’OCDE et plusieurs grandes économies émergentes.

Premier constat : les soutiens publics au secteur agricole ont augmenté de 121 milliards de dollars entre 2023 et 2025, soit une progression de près de 15 %.

Cette évolution marque une rupture avec la tendance observée au cours des dernières décennies, durant lesquelles le soutien à l’agriculture avait globalement diminué par rapport à la valeur de la production agricole.

La hausse récente s’explique notamment par la multiplication des crises auxquelles les filières doivent faire face : événements climatiques extrêmes, tensions géopolitiques, perturbations des échanges commerciaux et volatilité des marchés.

Les formes de soutien varient toutefois selon les pays. Dans les économies émergentes, la progression repose principalement sur des mécanismes de soutien des prix agricoles. Dans les pays membres de l’OCDE, elle provient davantage de paiements budgétaires directs, notamment des aides exceptionnelles versées à la suite de catastrophes.

Des investissements insuffisants dans l’innovation et la productivité agricole

Malgré cette mobilisation financière croissante, l’OCDE alerte sur le manque d’investissements structurels destinés à préparer l’avenir de l’agriculture.

Les dépenses consacrées à la recherche, à l’innovation et aux infrastructures ne progressent pas suffisamment au regard des besoins du secteur.

Cette situation intervient dans un contexte de ralentissement de la croissance de la productivité agricole mondiale.

Selon les données présentées dans le rapport, le rythme annuel de croissance de la productivité agricole est passé de 1,8 % entre 1991 et 2000 à 0,8 % entre 2014 et 2023.

Pour l’OCDE, cette évolution souligne la nécessité de renforcer les investissements permettant aux exploitations agricoles de gagner en efficacité, de s’adapter aux changements climatiques et de mieux anticiper les risques économiques.

L’enjeu ne consiste donc plus uniquement à compenser les pertes liées aux crises, mais également à développer des systèmes de production plus solides et durables.

Des politiques agricoles qui influencent aussi les prix alimentaires

Le rapport met également en évidence les conséquences des politiques de soutien sur les consommateurs.

Certains dispositifs, notamment ceux qui maintiennent les prix agricoles intérieurs au-dessus des prix internationaux, peuvent entraîner une augmentation du coût de l’alimentation.

L’OCDE estime ainsi que ces mécanismes ont représenté une charge implicite d’environ 204 milliards de dollars par an pour les consommateurs, en moyenne sur la période 2023-2025, dans les pays étudiés.

Ce constat illustre la complexité des politiques agricoles, qui doivent concilier plusieurs objectifs : garantir des revenus aux producteurs, préserver la compétitivité des filières et maintenir des prix alimentaires accessibles.

L’organisation recommande notamment de privilégier des dispositifs de soutien mieux ciblés, afin de limiter les distorsions de marché et leurs conséquences sur les prix.

Quatre priorités pour renforcer la résilience de l’agriculture

Face à ces constats, l’OCDE identifie quatre grandes orientations pour faire évoluer les politiques agricoles :

  • Mieux anticiper les crises et les risques futurs, en renforçant les capacités d’adaptation des exploitations et des filières.
  • Améliorer le ciblage des aides publiques, tout en limitant les mécanismes susceptibles de perturber les marchés.
  • Accélérer les investissements dans la recherche, l’innovation et les infrastructures, afin de soutenir durablement la productivité.
  • Renforcer la cohérence entre les politiques agricoles et les objectifs environnementaux, pour accompagner la transition vers des systèmes de production plus durables.

Le rapport formule également plus de 150 recommandations adaptées aux situations nationales.

Quels enjeux pour les filières agricoles et agroalimentaires françaises ?

Les conclusions de l’OCDE font écho aux défis auxquels sont confrontées les filières agricoles et agroalimentaires françaises, notamment en matière d’adaptation climatique, de compétitivité, de maîtrise des coûts de production et de transition environnementale.

Pour les exploitations comme pour les entreprises agroalimentaires, la capacité à anticiper les risques et à investir dans l’innovation constitue un levier essentiel de pérennité et de développement.

En Nouvelle-Aquitaine, région caractérisée par la diversité de ses productions agricoles, viticoles et agroalimentaires, ces enjeux concernent de nombreuses filières.

L’innovation dans les procédés de production, l’amélioration de l’utilisation des ressources, l’adaptation aux contraintes climatiques ou encore la valorisation des productions représentent autant de pistes pour accompagner leur transformation.

Le principal message de l’OCDE est clair : soutenir l’agriculture reste indispensable, mais la priorité doit également être donnée aux investissements qui permettront aux filières de mieux résister aux crises de demain.

Cette approche invite à dépasser les réponses d’urgence pour construire des stratégies de développement agricole et agroalimentaire inscrites dans la durée.

Consulter le rapport de l’OCDE

Politiques agricoles : suivi et évaluation 2026 – Renforcer la résilience dans un monde aux risques interdépendants.

Publié le 2 novembre 2026 par l’OCDE, ce rapport propose une analyse des politiques agricoles de 56 pays et des recommandations pour renforcer la résilience, la productivité et la durabilité du secteur.

Le rapport est disponible en français dans une version abrégée, et en anglais dans sa version intégrale.

D'autres actualités pourraient vous intéresser

Soutien public à l’agriculture : une hausse de 15 % dans le monde, selon…

La Microinfo Châtaigne d’octobre 2026

CRPMEM Nouvelle–Aquitaine : Note de conjoncture régionale du secteur des pêches maritimes premier semestre…