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[Rédaction du Lab] Les sauniers de Île-de-Ré, rares gagnants de la sécheresse estivale

Publiée le 21 septembre 2026

Dossier canicule été 2026

Louis Merlin, saunier et président de l’Association des producteurs de Sel Marin de l’Île de Ré fait le bilan de l’été brûlant qui s’achève. Si toutes les productions agricoles ont souffert, la sécheresse fut bénéfique aux salines rétaises dont les récoltes ont battu des records.

AANA : Quel impact a eu la sécheresse sur la production de sel dans les marais de l’Île de Ré ?

Louis Merlin : « Nous avons eu un été chaud et sec comme à peu près toute la France, mais à la différence de toutes les autres productions agricoles, ce furent de bonnes conditions climatiques pour nous. Plus il fait chaud et sec, plus l’eau s’évapore, plus ça produit. La saison n’est pas encore finie, mais on peut estimer qu’elle sera dans le top 3 des 50 dernières années. C’est donc une excellente année qui fut précoce, longue, intense, productive au niveau du gros sel comme de la fleur de sel. »

AANA : Le travail dans les salins a-t-il été rendu plus pénible ?

Louis Merlin : « Bien sûr, c’est une chaleur qui a été éprouvante pour les organismes, mais nous avons moins de pénibilité que les collègues dans les fermes, car nous travaillons dans des espaces bien ventilés. Le soleil, nous en avons l’habitude – chapeau, crème solaire, lunettes de soleil –, mais ce sont les températures qui ont été exceptionnelles. »

AANA : Quels sont les gains d’une telle récolte ?

Louis Merlin : « Notre métier est proche de celui des producteurs de spiritueux. Nous produisons du sel qui rentre dans un stock de 2,3 ans, et ce stock sert à alimenter la vente d’après. Cette très bonne année nous sert à lisser les quelques années passées qui n’étaient pas terribles, et à nous garantir contre les mauvaises années qui pourraient advenir. Nous sommes, certes, plus sereins pour affronter le futur, mais cela ne veut pas dire que nous allons signer de plus gros contrats. »

AANA : Quels sont les principaux débouchés du sel de l’Île de Ré ?

Louis Merlin : « Il faut d’abord savoir que nous sommes une centaine de producteurs. Les deux tiers de la production vont à la Coopérative des Sauniers de l’Île de Ré, dont le sel est majoritairement distribué à travers les canaux de la GMS régionale et nationale. Il y a deux grossistes qui travaillent avec quelques sauniers, et une quinzaine de producteurs qui sont en vente directe pour un marché essentiellement local. La saison touristique a bien sûr un fort impact sur les ventes de ces derniers, et il semble que celle de cette année fut bonne. »

AANA : Quels sont les grands enseignements de l’été 2026 ?

Louis Merlin : « Ce qui est intéressant avec l’été que nous venons d’avoir, c’est qu’il préfigure nos étés futurs avec des augmentations de températures, de la fréquence et des intensités des canicules. On voit à quoi cela ressemble, et on touche déjà du doigt les problématiques que cela peut engendrer, de réfléchir techniquement à comment nous adapter, organiser le temps de travail, etc. »

AANA : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’aide à l’installation en saliculture mise en place par la région ?

Louis Merlin : « Oui, tout à fait. C’est un dispositif qui a pour but de faciliter l’installation de sauniers dans un projet viable et artisanal. C’est une aide essentielle pour une profession qui est peu bénéficiaire des aides à l’agriculture. Cela permet d’avoir un boost dans la trésorerie pour une installation. Nous sommes une filière qui installons pas mal de nouveaux sauniers, même si nous restons petits à l’échelle de la région. »


Et si vous deveniez saunier ?

La Région Nouvelle-Aquitaine a mis en place un dispositif d’aide à l’installation en saliculture :

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