AAP2026 : politique de promotion des produits agricoles de l’Union européenne

La politique de promotion des produits agricoles de l’Union européenne (UE) fait partie des mesures de marché mises en œuvre dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC). Elle vise à soutenir les agriculteurs et les acteurs de l’agroalimentaire européens en améliorant la visibilité et l’accès à de nouveaux marchés pour les produits agricoles de l’UE.

Objectifs de la politique de promotion

L’objectif principal de cette politique est de renforcer la compétitivité des produits agricoles européens sur les marchés intérieurs et internationaux. Elle contribue notamment à :

  • accroître la notoriété et la reconnaissance des produits agricoles et agroalimentaires de l’UE, y compris des produits bénéficiant de systèmes de qualité spécifiques ;
  • stimuler la consommation des produits européens dans l’Union et dans les pays tiers ;
  • ouvrir de nouveaux débouchés commerciaux, en particulier dans des marchés à fort potentiel de croissance ;
  • valoriser les normes élevées de production, la durabilité, la sécurité alimentaire, la traçabilité, l’authenticité et la diversité des traditions culinaires européennes.

Cette politique entend ainsi soutenir non seulement la croissance économique du secteur, mais aussi la création d’emplois et la croissance dans les zones rurales européennes.

Comment la promotion est-elle organisée ?

La promotion des produits agricoles européens repose sur deux types d’actions principales :

  1. Actions cofinancées par l’UE
    Les campagnes sont proposées par des associations professionnelles, des interprofessions, des organisations de producteurs ou des organismes agroalimentaires européens. Ces actions sont financées en partie par l’Union européenne et ont pour objectif de promouvoir les produits agricoles sur des marchés ciblés.
  2. Actions initiées directement par l’UE
    L’Union organise ou soutient des activités de promotion à l’étranger, telles que des campagnes de communication institutionnelle ou la participation à des salons internationaux, avec l’objectif de renforcer l’exportation des produits européens.

Les campagnes peuvent être conduites sur le marché intérieur de l’UE comme dans les pays tiers, afin d’augmenter la visibilité et la compétitivité des produits agricoles européens à l’échelle mondiale.

Publics et marchés cibles

Les actions de promotion s’adressent à différents publics :

  • consommateurs finaux, pour accroître la connaissance et la préférence des produits agricoles européens ;
  • acheteurs professionnels et distributeurs, pour faciliter l’établissement de relations commerciales durables ;
  • décideurs politiques et influenceurs, afin de valoriser le modèle agricole européen et ses atouts.

Les marchés ciblés peuvent être national, européen et international. L’accent est souvent mis sur les pays tiers présentant un fort potentiel commercial pour les produits européens.

Modalités de financement

La politique de promotion fonctionne sur la base d’appels à propositions annuels, dans le cadre d’un programme de travail adopté par la Commission européenne. Les organisations intéressées déposent des projets de campagne de promotion selon des critères définis, puis des subventions sont attribuées pour cofinancer ces campagnes. Le financement est destiné à couvrir des actions d’information et de promotion à grande échelle.

Importance pour les acteurs agricoles et agroalimentaires

Pour les producteurs, les organisations professionnelles et les entreprises agroalimentaires, la politique de promotion représente une opportunité stratégique :

  • pour accroître leur présence commerciale sur des marchés concurrentiels ;
  • pour mieux faire connaître les spécificités, la qualité et l’origine des produits européens ;
  • pour renforcer la compétitivité collective du secteur au sein de l’Union et à l’international.

La promotion contribue également à mettre en lumière les valeurs de durabilité et les normes élevées de production qui caractérisent l’agriculture de l’UE.

Pour consulter directement la page officielle de l’Union européenne décrivant la politique de promotion des produits agricoles, rendez-vous ici :

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Podcast “Voyage en Terre(s) Gourmande(s) : Étape d’exception : Caviar d’Aquitaine IGP

C’est une immense ferme aquacole qui attire nos pas aujourd’hui. Guidés par Laurent Dulau, directeur général du Groupe Kaviar (caviar Sturia) et président de l’Association Caviar d’Aquitaine, nous nous initions à la fabrication d’un produit d’excellence : le Caviar d’Aquitaine IGP.

L’Estuaire s’étend devant nous, en majesté. Nous sommes en Charente-Maritime à Saint-Fort-sur-Gironde, dans la plus grande ferme aquacole du groupe. Mais comment est né le caviar d’Aquitaine ?

Caviar d’Aquitaine

Une tradition russe protégée par une IGP

Au moment de la révolution dans leur pays en 1917, des aristocrates russes se sont installés dans les environs. Ils ont importé un véritable savoir-faire, que le Groupe Kaviar perpétue toujours aux côtés de 3 autres producteurs de caviar d’Aquitaine : L’Esturgeonnière, Caviar de France et Prunier Manufacture. Ensemble, ils ont décroché, en février 2025, une Indication Géographique Protégée (IGP).

« Cette reconnaissance couronne 12 ans de travail, d’engagement et de passion »

Cette IGP apporte des garanties qualitatives aux consommateurs et aux producteurs, comme l’explique Laurent Dulau :

« L’IGP Caviar d’Aquitaine est un produit d’excellence, dont le cahier des charges encadre strictement un savoir-faire reconnu concernant le bien-être animal, ainsi que nos méthodes d’élevage et de transformation.  »

« Il protège également notre travail des copies éventuelles et de ceux qui voudraient usurper le nom de Caviar d’Aquitaine. Il commence à avoir une très forte notoriété parce qu’il est reconnu pour son authenticité et son excellence. » Les gourmets ne s’y trompent pas, appréciant le petit goût de noisette caractéristique et la note finale légèrement iodée.

Des piscines en bord de Gironde

Les esturgeons baignent ici dans d’immenses piscines de plus d’un hectare. Leur vie commence à l’écloserie où naissent les bébés. Ils seront ensuite élevés pendant 3 ou 4 ans dans ces piscicultures d’affinage, dont la densité d’esturgeons est particulièrement faible. « Les poissons grandissent tranquillement dans nos bassins, sans surpopulation. Ce sont des conditions idéales pour atteindre l’âge de la maturité sexuelle qui permet d’avoir des œufs. Comme ils ne sont pas stressés, la qualité des œufs est tout à fait remarquable. »

Passage obligatoire à l’échographie

Une fois adultes, les esturgeons sont triés. « Une échographie de l’intérieur du poisson nous permet de voir si les gonades sont pleines. Si c’est le cas, on réalise une petite ponction dans la poche ovarienne et on goûte le caviar, de manière à savoir si les œufs sont mûrs ou pas. »

Commence alors le délicat travail de sélection des œufs, regroupés en lots homogènes, puis rincés, salés et conditionnés. Toutes ces étapes sont effectuées à la main, précise Laurent Dulau : « C’est vraiment un métier d’artisan. Entre le moment où on prélève les œufs et la mise en boîte, il ne peut pas se passer plus de 4 heures, pour respecter le cahier des charges de l’IGP. »

Le dinosaure des rivières

L’esturgeon a sensiblement la même durée de vie que l’espèce humaine, mais il est présent sur terre depuis bien plus longtemps qu’elle. Laurent s’en amuse. « C’est un dinosaure, un poisson préhistorique qui ressemble un peu à un requin, sans écailles, ni arêtes, pratiquement aveugle. Il détecte ses proies au fond des rivières grâce à de petits barbillons à l’avant de la bouche ; puis il les aspire avec sa bouche rétractile. » L’animal est imposant. Il peut mesurer jusqu’à 1 mètre et peser une dizaine de kilos !

Sur le marché du caviar, la menace étrangère se précise. « En 2012, le caviar chinois représentait 50 tonnes. Ce sont 500 tonnes aujourd’hui. Ce caviar se caractérise par la jeunesse des esturgeons, qui ont moins de 3 mois. Leurs œufs sont beaux à l’œil, mais insipides en goût. » En se positionnant sur le segment du luxe, la filière Caviar d’Aquitaine IGP vise à contrer des productions internationales, moins qualitatives. Elle perpétue un savoir-faire séculaire, garant d’une tradition gastronomique et authentique.

« Nous sommes un peu les derniers des Mohicans, à proposer des caviars qui ont de la longueur en bouche et de la complexité aromatique. Nos pratiques aquacoles sont écoresponsables et écodurables, elles font la part belle au bien-être animal. »


Cette série de podcasts est initiée par l’Agence de l’Alimentation Nouvelle-Aquitaine : aana.fr

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Graph’Agri 2025

Le GraphAgri 2025 publié par Agreste – Ministère de l’Agriculture est en ligne. La publication présente, au travers d’une succession de thèmes, une synthèse des dernières informations disponibles sur l’agriculture, la forêt, le territoire, l’environnement, l’alimentation, la pêche et les industries agroalimentaires.

Véritable encyclopédie, la collection GRAPH’AGRI constitue une source précieuse d’informations statistiques dans les domaines de l’agriculture, de la forêt, du territoire, de l’environnement, de l’alimentation, de la pêche et des industries agroalimentaires.
La publication présente, au travers d’une succession de thèmes, une synthèse des dernières informations disponibles. Proposée sous forme de tableaux, graphiques et cartes, elle est accompagnée de commentaires facilitant la lecture.

✔️ A noter le chapitre sur les dépenses de consommation des ménages en alimentation (à domicile + hors foyer) : leur part s’établit aux alentours de 20% du budget global, en progression par rapport à 2005.

✔️ Concernant la consommation à domicile, la répartition des dépenses entre les différentes viandes évolue vers plus de préparations à base de viande et de viande de volaille et de charcuterie ; celle des fruits et légumes vers plus de produits transformés.

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Etude IFOP : l’image des agriculteurs auprès des français

A l’occasion des assises de l’agriculture et de l’alimentation organisées par Ouest-France, le journal a fait le point avec l’Ifop sur l’image des agriculteurs auprès des Français.

Bilan :

✔️ 73% des personnes interrogées considèrent que les agriculteurs sont soucieux du bien-être animal (+3 points par rapport à 2024), respectueux de la santé des Français (71%), respectueux de l’environnement (64%).

✔️ A noter côté : 69% privilégient systématiquement ou souvent les aliments produits en France (-6 points par rapport à 2024), 56% les aliments produits dans leur région (-6 points par rapport à 2024), 25% le hashtag#bio (-2 points). En revanche le nutriscore progresse : 49% privilégient systématiquement ou souvent le score A ou B sur l’échelle NutriScore, contre 45% en 2024.

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Innovation agroalimentaire : ce que révèlent les chiffres 2020–2022

Un panorama inédit des dynamiques d’innovation dans les industries agroalimentaires

Comment les entreprises agroalimentaires françaises ont-elles innové ces dernières années ? Quels secteurs avancent le plus vite ? Quels impacts la crise sanitaire a-t-elle eus sur les choix d’innovation ?
Pour répondre à ces questions, Agreste publie une nouvelle édition de Chiffres & Données qui dresse un état des lieux complet de l’innovation dans les IAA entre 2020 et 2022. Un document riche et précieux pour comprendre les transformations d’une filière en pleine mutation.

Ce qu’il faut retenir

D’après le rapport, près de deux tiers des entreprises agroalimentaires de 10 salariés et plus ont innové pendant cette période. Les secteurs les plus actifs ?

  • la transformation des fruits et légumes,
  • les produits laitiers,
  • les plats préparés et autres fabrications alimentaires,
  • les aliments pour animaux.
    (voir les tableaux détaillés en page 8 du PDF)

L’étude montre également que les IAA innovent plus fréquemment que l’ensemble de l’industrie manufacturière, même si elles accèdent un peu moins souvent aux financements dédiés (pages 3 et 10).

Coopération et financement : des leviers encore sous-exploités

Un quart des entreprises innovantes déclarent avoir collaboré avec d’autres acteurs — laboratoires, universités, fournisseurs ou clients (page 9).
Côté financement, un peu plus de la moitié ont bénéficié d’un soutien sous forme de subventions, crédits d’impôt ou emprunts (page 10).

Innovation et environnement : une dynamique bien engagée

L’étude met également en lumière les efforts réalisés pour réduire l’impact environnemental :

  • 22 % des entreprises innovantes ont diminué significativement leur consommation d’énergie ou leur empreinte carbone (page 12).
  • D’autres ont agi sur le recyclage, les déchets d’emballage ou la prolongation de la durée de vie des produits (page 13).

Et la crise sanitaire ?

Elle a clairement influencé les stratégies :

  • 7 % des entreprises ont lancé des innovations qui n’étaient pas prévues,
  • mais un quart ont dû en reporter, et 9 % les ont abandonnées (page 11).

Des résultats qui témoignent de la capacité d’adaptation — mais aussi des fragilités — du secteur.


Pour aller plus loin

Le PDF complet propose :

  • des tableaux sectoriels détaillés,
  • des comparaisons avec l’industrie manufacturière,
  • les méthodologies et définitions utiles pour comprendre les indicateurs,
  • un éclairage sur les innovations à bénéfices environnementaux.

Découvrez l’intégralité de l’analyse en consultant le document complet :

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Quand la Région investit… les Landes se réveillent !

La Région Nouvelle-Aquitaine injecte des millions dans des projets concrets en territoire landais : infrastructures scolaires, transition écologique, modernisation des exploitations agricoles, soutien aux PME et redynamisation des centres-bourgs — l’impact se fait sentir sur tous les fronts. Parmi les initiatives soutenues récemment :

  • Rénovation de logements internes dans un lycée à Tarnos.
  • Aides à l’installation de matériel pour des exploitations bio ou agro-écologiques.
  • Soutien à des coopératives agricoles, des projets d’élevage, des scieries et des entreprises locales engagées dans la transition énergétique ou le développement durable.

Ces financements — répartis sur l’ensemble du département — visent non seulement à renforcer l’attractivité des territoires, mais aussi à encourager des démarches responsables, durables et innovantes.

Vous voulez découvrir la liste complète des projets soutenus, les montants alloués, et les enjeux derrière ces subventions ? Lisez l’article intégral sur Placeco.

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PARSADA 2025 : Accélérer l’innovation agricole pour la transition écologique

Le programme PARSADA 2025 piloté par FranceAgriMer accompagne la transition vers des systèmes agricoles plus durables en réponse au retrait progressif des substances actives phytosanitaires en Europe. Ce dispositif fédère les initiatives pour développer des alternatives innovantes, dans le cadre du plan Ecophyto 2030.

Objectifs du dispositif

PARSADA vise à lever les impasses techniques rencontrées par les agriculteurs et à répondre aux enjeux environnementaux. Il favorise le développement et le déploiement de solutions alternatives, encourage l’expérimentation, la recherche appliquée, la diffusion des connaissances et la valorisation concrète de ces avancées sur le terrain.

Qui peut candidater ?

L’appel à projets s’adresse aux organismes publics ou privés actifs dans les domaines de la recherche, de l’expérimentation, de l’enseignement supérieur, ainsi qu’aux instituts et centres techniques, chambres d’agriculture, groupements professionnels et entreprises du secteur agricole. Les projets doivent répondre aux besoins identifiés par les filières, s’inscrire dans la réduction de l’usage des produits phytosanitaires et accélérer la transition agroécologique.

Conditions de soutien et critères essentiels

  • S’appuyer sur les diagnostics disponibles ou plans de filière, en lien avec le retrait des substances actives au niveau européen.
  • Proposer des alternatives concrètes et viables pour l’agriculture.
  • Présenter un montant minimal de dépenses prévisionnelles de 50 000 € par projet.
  • Afficher une durée de projet comprise entre 3 et 5 ans, avec une fin impérative au plus tard le 31 décembre 2032.
  • Le financement peut atteindre 7,5 millions d’euros par projet, avec une aide allant de 40% à 100% des dépenses éligibles et un minimum de 40 000 € pour un consortium collaboratif.

Dépôt des projets

La téléprocédure d’enregistrement des candidatures est ouverte à partir du 30 juin 2025. Les dossiers peuvent être déposés jusqu’au 31 décembre 2026, dans la limite des crédits disponibles et selon plusieurs étapes de sélection intermédiaires. L’instruction portera une attention particulière à la territorialisation et à l’impact direct auprès des agriculteurs.


Pour découvrir l’ensemble des modalités, consulter l’appel à projets complet ou déposer votre candidature, rendez-vous sur le site officiel de FranceAgriMer :

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Podcast “Voyage en Terre(s) Gourmande(s) : à la rencontre d’un éleveur de chèvre

Escale crémeuse : Mothais sur feuille

Ce sont 250 chèvres qui nous accueillent dans l’exploitation de Jean-Frédéric Granger. Gambadant chaque jour dans les prairies, elles fournissent à l’éleveur un bon lait bio, qu’il transforme en un délicieux fromage, le Mothais sur feuille AOC.

« Je me suis installé en 1987 en GAEC pour élever des chèvres avec mon père, et nous avons appris à fabriquer des fromages. Les débouchés n’étaient pas si faciles jusqu’au jour où mon père a chargé notre production dans sa voiture et il est parti vendre sur les marchés. À partir de ce moment-là, nous nous sommes diversifiés et développés. » En racontant ses débuts, Jean-Frédéric mesure le chemin parcouru. L’exploitation située à Celle-Lévescault, dans la Vienne (86), représentait à l’époque 75 hectares. Aujourd’hui, le « Domaine du Parc » regroupe 95 hectares et emploie près d’une dizaine de personnes, dont 4 salariés à temps partiel et 3 apprentis. L’épouse et la sœur de Jean-Frédéric y travaillent également, plus particulièrement à la fromagerie où la moitié du lait des 250 chèvres est transformée en Mothais sur feuille.

La chèvre et le châtaignier, une histoire de bon goût

Le Mothais sur feuille est un fromage de chèvre à pâte molle, fabriqué avec du lait cru. De forme ronde cylindrique, d’environ 8 à 9 centimètres de diamètre, il tire son nom d’une originalité : la pâte est affinée sur une feuille de châtaignier. Comme l’explique Jean-Frédéric, l’élément végétal est très important : « On positionne la feuille de châtaignier après le démoulage et avant de rentrer le fromage au séchoir. La feuille pompe un peu d’humidité du fromage qu’elle lui restitue après, tout au long de l’affinage. » Autre précision, les feuilles de châtaignier sont cueillies dans les arbres après la première gelée, vers la fin du mois d’octobre.

« Cette interaction à l’affinage entre la pâte au lait cru et la feuille de châtaignier donne un fromage qui reste crémeux, avec un goût si particulier. » 

Reconnaissance par une AOC

Grâce à cette typicité, le Mothais sur feuille a obtenu une AOC en 2024, qui fixe les critères de production, et garantit aux consommateurs le respect d’un cahier des charges bien précis : les chèvres doivent pâturer ou disposer d’une aire d’exercice extérieure, leur production de lait ne doit pas excéder 1000 kilos annuels par tête ; enfin, les bêtes sont nourries avec une alimentation issue du territoire, dont les rations ne doivent pas comporter plus de 40 % de concentrés. « De fait, l’ensilage et l’enrubannage sont interdits. Nos chèvres mangent du foin ou de l’herbe », ajoute l’éleveur, qui cultive près d’une cinquantaine d’hectares en surface fourragère pour nourrir son troupeau.

Le passage au bio

Jean-Frédéric a choisi de basculer sa production en bio. Il le reconnait, « c’est une démarche qui demande du temps et du travail. La durée de conversion pour les terres est de 2 ans, elle a débuté en 2018 ; celle du troupeau, qui est de 6 mois s’est déroulée au deuxième semestre 2019. »

Pour cela, il a adapté ses méthodes et changé ses semis. « On a vendu le pulvérisateur, nous n’avons plus de traitement phytosanitaire et nous n’utilisons plus d’engrais du commerce. Là où nous cultivions à l’époque du colza ou du tournesol, nous avons maintenant beaucoup de cultures de printemps, des plantes sarclées comme le maïs ou des légumineuses qui n’ont pas besoin d’azote. »

Entre contraintes et fierté

« Mon aventure agricole est une histoire qui a commencé avec mon père et c’est en famille qu’elle se poursuit, même si je ne suis pas certain que la nouvelle génération reprenne le flambeau. »

Car aucune des 3 filles du couple ne manifeste l’envie de continuer l’exploitation. Jean-Frédéric reconnait que la profession n’attire pas forcément les jeunes. Il ne compte pas ses heures, mais apprécie d’avoir des salariés pour « se dégager du temps libre et sortir la tête du guidon, c’est important. »

Malgré les contraintes, Jean-Frédéric se dit heureux d’exercer son métier, lui qui a su évoluer. « J’adore ce que je fais, j’ai adapté mon travail à ce que j’aimais. En plus de la fromagerie et de la vente sur les marchés, nous avons développé une activité traiteur avec une salle de réception. On accueille du public à la ferme et nous leur proposons des repas à base de chèvre de l’entrée au dessert ! Ma spécialité, c’est le cannelé au lait de chèvre ! ».

Jean-Frédéric exprime aussi sa fierté d’être éleveur pour de multiples et bonnes raisons : contribuer à l’économie d’un territoire, embaucher du personnel, et surtout la satisfaction de nourrir la population avec des produits de qualité.

« Ce matin, des gens dans un camping-car se sont arrêtés pour nous acheter des fromages. Et ils sont revenus pour nous dire qu’ils étaient très bons. Ce sont ces encouragements qui nous incitent à continuer, pour fabriquer et vendre des fromages de qualité. »

Notre conseil ? Mettez sur votre table gourmande les tartines de campagne au Mothais sur feuille, ou les tartelettes fines aux Pommes du Limousin AOP, Mothais sur feuille AOC et Marrons du Périgord Limousin ! Et si vous souhaitez proposer un atelier cuisine à vos enfants, confectionnez avec eux cette délicieuse recette : les Étoiles au Mothais sur feuille et aux noix du Périgord.


Cette série de podcasts est initiée par l’Agence de l’Alimentation Nouvelle-Aquitaine : aana.fr

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