Sauvons les éleveurs caprins en agriculture biologique
Le 15 octobre
Depuis plus de 15 ans les éleveurs caprins en agriculture biologique du centre-ouest français ont œuvré au développement d’une filière caprine bio cohérente et productive. Nous sommes ainsi passés de 64 à 130 élevages caprins AB entre 2015 et 2021. Ils ont été aidés en cela par les organismes d’accompagnement, les aides de l’Etat en partenariat avec les transformateurs.
Aujourd’hui de nouvelles négociations commerciales vont démarrer dans un contexte de reprise de + 19 % de la consommation des produits laitiers AB. Mais nous alertons aujourd’hui nos partenaires de la filière et les Pouvoirs publics sur la très grande fragilité du maillon des éleveurs caprins AB qui menace toute la filière caprine AB d’être réduite à néant. En effet, depuis plusieurs années le revenu minimum vital n’est plus assuré pour les familles des chevriers bios. Notre revendication légitime à vivre dignement n’est pas suffisamment entendue.
Quelques données suffisent factuellement à comprendre cet état de fait :
- les suivis économiques des fermes caprines bio indiquent une rémunération inférieure à 0.5 Smic/UMO (Idele),
- le différentiel de prix entre le prix du lait de chèvre conventionnel et AB est tombé de 30% à 14% en quatre ans;
- le besoin de technicité et les coûts des intrants ne sont plus compensés par le prix du lait.
- par voie de conséquence, nous observons des déconversions. En 2021 nous comptions 130 élevages caprins AB et seulement 5 arrêts dans l’année ; en 2025 il ne restait que 111 élevages et nous constatons 10 arrêts.
- le manque de rémunération empêche toute installation caprine AB et réduit l’investissement indispensable dans nos élevages AB,
- cette année 2026 de sécheresse impacte fortement nos dépenses et dégrade encore notre situation; les études de Bio-NA et Idèle estiment que les coûts alimentaires vont augmenter sur nos élevages entre 30 à 105 € /1000 litres auxquels s’ajoutent 42 €/1000 litres de l’impact des prix des carburants en lien avec la guerre d’Ormuz.
- par ailleurs, la déconversion et l’arrêt d’élevages caprins AB entraine une augmentation des coûts de collecte du lait, déjà fortement impactés. Et le manque de visibilité et la diminution des aides spécifiques à la bio découragent tout maintien en production caprine AB.
Pour sauver la filière aujourd’hui menacée nous revendiquons de façon urgente une prise en compte réelle de nos coûts de production et une rémunération juste à 2 Smic par UMO qui nécessite un prix du litre de lait à 1370 €/T. Ainsi nous revendiquons une revalorisation immédiate du prix lait de chèvre AB de + 160 €/1000 litres permettant d’évoluer dès fin 2026 vers une rémunération de 1 Smic/UMO puis + 139 €/1000 litres début 2027 qui tienne compte de l’évolution de nos charges de 2026 pour évoluer vers une rémunération décente à 2 SMIC/UMO. Cette juste revendication nécessite une répartition équitable des marges sur toute la filière du producteur au distributeur.
Nous attendons également un soutien de l’Etat avec une réaffectation des aides à la conversion vers le maintien bio et la possibilité de cumul MAEC ainsi que le financement d’accompagnements techniques afin d’optimiser notre production laitière dans nos élevages AB.
Sans ces soutiens, les élevages caprins bio, mais également les transformateurs disparaitront au détriment de l’environnement, de la qualité de l’eau, de la santé des consommateurs et de la vie de nos territoires ruraux.
Les contacts des éleveurs caprins AB référents :
Gérard GIESEN (24) : 05 53 82 43 55
Stéphanie KAMINSKI (24) : 06 31 96 70 02
Pascal BIGOT (79) : 06 31 87 44 76
Christophe TARDE (85) : 06 86 71 46 21
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